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by : Marie
Published 30 November 2007

Seule sur le chemin de l’Exode - 1940

Le petit carnet rouge de Simone Benedetti (1940) [1]

Je livre le contenu du carnet rouge et les récits du Printemps et de l’été 1940, tels que notre mère, Simone Capitaine, les a laissés. Serge a peut-être d’autres témoignages de nos parents à nous confier.

Ce que je retranscris peut être tantôt très détaillé tantôt sibyllin. Je n’interprète rien. Avant le commencement du récit, il faut tout de même faire un point sur la situation personnelle de nos parents en ce début de Mai 40.

Marc Benedetti « instituteur sans traitement » , pur représentant de l’immigration paysanne corse et de l’Ecole de la République, et Simone Capitaine, bretonne de Vernouillet, institutrice suppléante -cent remplacements , cent misères- , se sont rencontrés à Saint-Denis, au Chemin de Marville et se sont mariés le 27 décembre 1938.

Huit mois de bonheur, nous précise le carnet rouge, jusqu’au 27 Août 1939 où le Caporal Benedetti est appelé sous les drapeaux à Bonifacio.

De même, le frère de Simone, Auguste Capitaine, et le frère de Marc, Jean Benedetti, qui entre stalags ou évasions variées vont occuper leurs années à venir.

A partir de là, pendant le calme relatif de la Drôle de Guerre on note des permissions dites « jours agricoles » du côté de Papa dont les pensées volent souvent vers les vendanges abandonnées, la cueillette des olives, celle des châtaignes.

Du côté de Paris, je ne pense pas qu’il existe toujours le long courrier désespéré de maman, jeune mariée séparée de sa famille, après un mariage non approuvé par son père.
Sa mère, Joséphine, lui rend des visites en secret. Mais elle est déjà malade et souffre beaucoup.

De temps en temps, bon sang ne saurait mentir, Simone fait des crêpes. Pour assurer les menus des jours « sans », elle stocke, quand elle a du travail, des boites de sardines pour les jours de dèche. Elle aime beaucoup son minuscule logis, 26 rue Dautancourt, près de l’Avenue de Clichy. Elle connaîtra plus tard des voisins italiens, les Walter, qui, eux, ont « la radio », mais surtout se distinguent par des personnalités hors normes.

En attendant, entre chômage, solitude, angoisse et désespérance amoureuse, elle verse beaucoup de larmes, jusqu’à ces jours d’ Avril 1940, où elle effectue, vers le traditionnel front de l’Est, entre Reims et Verdun, un remplacement à Mourmelon-le-Grand où le printemps va prendre une tournure agitée.

Mourmelon, connu pour son camp militaire, est dans la Marne. Il suffit de regarder la carte et les noms parleront d’eux-mêmes : Reims, Epernay, Châlons-en-Champagne et plus près, Verzy, Suippes, Valmy... Sainte-Menehould...Maman faisait toujours référence aussi à l’Argonne...

Plus au sud, Champaubert et Montmirail...pour les mémoires napoléoniennes...

Voilà pour le poids de l’Histoire.

Les motivations de Simone sont doubles : Elle a un emploi et elle se rapproche de son époux puisque la région est traditionnellement le théâtre des opérations militaires . De plus, Marc doit avoir une permission du 6 au 24 Mai 40.
Notons qu’à son arrivée à la Mairie, on lui vante les avantages du poste, en particulier le logement. La chambre lui parait acceptable quand elle avise un gros bâton contre le lit : « C’est pour les rats, quand ils approchent du lit, il suffit que vous tapiez par terre avec le bâton et ils s’éloignent ».

Mais faisons un petit retour en arrière...

Le petit carnet avait commencé au début 1940 par toutes les adresses militaires des hommes de la famille et celle de la Croix Rouge de Genève. Puis, pendant des semaines et des semaines, il reflète la mélancolie désespérée ou amère de la jeune femme...


Seule sur le chemin de l’exode - texte et notes

jeudi 4 Janvier 40 :

Marc est parti à 10H47.
Il fait froid ce soir dans ma chambre malgré le feu ardent.
Mais ce doit être le poids de la solitude...Marc !
J’aurais voulu commencer mon petit carnet gaiement

vendredi 5 :

La vie de l’institutrice de province m’a reprise : vite à la maison...Travailler au hasard, manger au hasard, se distraire au hasard, tout ce hasard tient dans les quatre murs de ma chambre. Petit Marc, es-tu sur mer ? Je pense à toi.

...le dimanche 7 :

Dimanche en longue robe auprès du feu. 8H du soir, l’heure longue et triste- Marc, écris - moi.
Maman, tente encore de te soigner.
Je m’ennuie.

...et jours après jours :

Soir d’ennui. Je me force à tricoter ce pull jaune.

J’ai beaucoup travaillé et j’ai fait peu de chose. Je suis fatiguée mais Marc n’est pas là et je m’endormirai avec ma fatigue.
Rien.

Elle lit Ariel ou La vie de Shelley, Napoléon intime d’Octave Aubry, La Marmaille de Machard , La Rose de la Mer de Vialar, Jacques Chardonne, Nemirowski ( l’amour est-il aussi fugitif et instable...]

Visite à Mme Pietri, Mme Ruynier.

Du café de mon petit tonton. [1]
Lettre de Valensi. Je voudrais lui répondre.....

Et toujours des lettres et des paquets à Marc dont Simone reçoit, finalement cinq lettres en même temps le 24 janvier.

En janvier, février et mars 1940, elle doit avoir du travail car je vois des répartitions d’horaires pour les matières scolaires, En janvier, février et mars 1940, elle doit avoir du travail car je vois des répartitions d’horaires pour les matières scolaires :
Morale 1h, Lecture 3h, Ecriture 1h1/2, Français 6h1/2, Histoire-géo 2h1/2, Calcul 4h, Sciences 2h, Dessin-Travaux manuels 1h1/2, PA 3h, A D 3h, Récré 2h

Nouvelle lettre du « probloc » [2]
Des crêpes chez Mme Carbuccia.
Nous attendons l’inspecteur pour demain. Et... il vient. Pas chez moi.
Visite de Madame Bouvet.
La même chose qu’au propriétaire.....
Toutes ces dames sont auprès de leur mari...

Le 9 Février
Commander un beau lapin pour demain, pour Marc.

Feuillets du carnet perdus du 10 au 21 février...

Mercredi 28 février 1940
J’ai vu passer un avion bousillé sur un camion, une ambulance derrière

Pas de lettre pour ce jeudi. Je vais en écrire une cargaison pour que le facteur ne m’oublie pas.

Vive les vacances, la paix, Paris et le bonheur sans bruit .

Mais le 11 Mars, une note brève sans référence au lieu concerné :
« Le 86ème monte en ligne !! Des avions allemands dessinent dans le ciel la croix gammée ».

Le 4, 5, 7, 8 , 9 Avril 40, mais sans doute, ces notes n’ont-elles rien à voir avec les dates :
Monsieur Montreaux, Vin d’Anjou, Bouillé Loretz.
Monsieur Cheneau, lait, vin, Bouillé Loretz.
Mme Fagot, 4 rue Carnot, Antony [3]
...Les parents...
Monsieur Mercier, 32 Avenue Emile Beaussire, Luçon, Vendée.
Mme ou M. Thévenet, 146 Avenue François Molé, Antony (Seine). [4]
M.Baudry, Bressuire.

LA MARNE

Le 23 Avril, elle note « Un rêve...aussi beau que la réalité d’Antan »

Le 25 Avril, elle souligne Saint Marc.

Le 26 Avril, le frère de Marc reparaît dans le carnet : « Jean ! », puis plus rien jusqu’au 4 Mai où on lit : « Une lettre de Jean, les sacrifiés, pourquoi ? » [5]

Le 5 Mai, le découragement la reprend : « Marc, viens »

Le 8 Mai, Marc vient en permission à Mourmelon.

Le 9 Mai : « une journée tous deux ».

Mais Hitler passe de la « drôle de guerre » à l’offensive. Le carnet rouge s’emballe :

Vendredi 10 mai : [6]

« Boum ! Alerte à 5H. à 6H. dans les abris. Classe : Etude dans les bruits sourds du canon. Alerte à 18H. Suippes !!! [7]

« La Hollande est attaquée, la Belgique demande du secours ».

Classe : Etude dans les bruits sourds du canon. Alerte à 18H. Suippes !!!

Samedi 11 mai :
« Réveil en fanfare à 6H. Classe, fin à 15H30, alerte jusqu’à 5H.
J’achète de l’encre verte pour mon stylo neuf. »

Dimanche 12 mai :
« 6H30 , alerte. Première communion. Repas interrompu peu avant l’apéritif ! 13H à 16H dans l’abri avec Mmes Carhusia et Goyffon. »

Lundi 13 mai :
« Alerte à 5H30 jusqu’à 8H45. Re-alerte à 11H40.
Le veau doit brûler. J’écris mes mémoires dans l’abri.
5 alertes, inutile de noter. »

Mardi 14 Mai :
« 1ère alerte 6H. moins10, à peine le temps de manger.
13H. : 5ème alerte.

Mon petit Marc...

Mercredi 15 Mai :
« Alertes continuelles, coucher dans la classe »

Jeudi 16 Mai :
Départ pour Verzy près des caves. [8]
Calme relatif.
Mademoiselle Maucourants .

Vendredi 17 Mai :
A Châlons à 8h du soir. Nuit à la Poste.
Samedi 18 Mai :
Chez l’inspecteur [9]. Accueil chaleureux de Mme Heller.
Départ pour Epernay.
Marc, mon petit Marc, quel chagrin. [10]
Départ à 23H55, seule.

Dimanche 19 Mai :
Arrivée à Argenteuil à midi. A une heure à Paris.
Chez François, tout le monde est là.

Lundi 20 Mai :
Mme Blain
Direction de l’enseignement
Mon petit Marc...

Mardi 21 Mai :
Chez M.Tomasini .= Vers la Sarthe. Volontaire
Est-ce ma faute ?

Vendredi 24 :
Lettre de Marc

Dimanche 26 :
A Vernouillet, chez Mme Lachambre.
Lettre d’Auguste. [11]

Lundi 27 Mai :
Télégramme de Jeanne Nectoux. Brest = Jean

Mardi 28 Mai :
Jean à Vernouillet [12]

Mercredi 29 Mai
Marthe [13] est (institutrice) titulaire.
21h : Je veux lire Marie-Claire, je ne le trouve pas, pauvre persécutée, mon petit marc...

Jeudi 30 Mai
A la Direction de l’enseignement : Blois.

L‘EXODE - LA DEBACLE

Vendredi 31 Mai :
Départ pour Blois, sans une lettre de Jean, de Marc, ni de personne.
Là, personne ne m’attend, sinon ...les bombes.
Arrivée à Blois
Blois - Vendôme
Vendôme - Montoire

Je m’arrête ici. La fenêtre est grande ouverte sur...la nuit.

Samedi 1er Juin
Montoire - Savigny- Arrivée à 6H30

Monsieur Rousseau ne veut pas partir et ...je le comprends-
Néanmoins, M.Bompard [14] décide que je reste.

Dimanche 2 Juin
Je voudrais une lettre. Marthe, j’ai fait votre métier. Ai-je le droit de m’ennuyer même ...un peu.

Béranger, meunier de Savigny.

Lundi 3 juin
Des lettres de mon petit Marc.

Mardi 4 juin
4 lettres de Marc.
Une de Châlons (sur Marne) [15]
Paris serait-il bombardé ? De service toute la nuit.

Mercredi 5 et Jeudi 6 Juin :
Arrivée d’enfants
Les Grands Moulins - M.Allouin [16]

Samedi 8 juin :
Lettre à mon petit Marc après combien de peine.

Dimanche 9 Juin :
Visite du Principal du collège de Blois : M.Chardon

Lundi 10 Juin :
Arrivée d’enfants.
Départ de M.Allouin pour Glatigny. Ma belle armoire !!! ( ?)

Seule avec les gosses

Mardi 11 Juin
Arrivée de Personnel.
A Vendôme.
Racheter clocher (?)

Mercredi 12 Juin
M.Thévenet
Loreille (?)

Jeudi 13 Juin :
Ils arrivent ...
Plus de lettres.

Vendredi 14 Juin :
Un avion rase les murs. Du calme.

Samedi 15 Juin : [17]
:
Ils sont à Paris
Réveil à 1h1/2
....... Illisible..... à M.Bouvreau.
Départ manqué.
Re -départ.
Partirons-nous ?
Sougé
Train bombardé pour la 8è fois [18] .
Valises abandonnées.

Descente à Saumur
Misères
Allons plus loin.[19]

Dimanche 16 Juin
3h du matin à Thouars [20]
Déjeuner à la cantine
Chez M.Dazelle.
A l’E.P.S. [21]

Lundi 17 Juin :

Un bon déjeuner avec les soldats [22] et les 60 mioches. [23]
On ne part pas

Mardi 18 JUIN

Sirènes, cloches, est-ce l’Armistice ? Je ne peux me réjouir
...illisible...
3 BOMBES = 43 Morts +......Blessés
................
En route pour Bouillé-Loretz.
Du Saumur, un bon lit.

Mercredi 19 Juin

Un sermon = des reproches pour l’avenir certainement.
Sylvestri

Jeudi 20 juin

Canonnade tout le matin.
On les attend. Rien.
Drapeau brûlé.
Quelle vision?

Vendredi 21 juin [24]

La troupe française est passée. Et eux ?[25]
Etait-ce la peine de passer la Loire ?
J’ai l’impression que tu es là, mon petit Marc, je parle de toi chaque jour.

Samedi 22 juin [26]

Une nuit tranquille. Marc, je ne fais que penser à toi.

Dimanche 23 Juin [27]

Il en passe une quinzaine que je ne vois pas - Puis 2.
L’armistice aurait été signé cette nuit.
Marc sera- t’il avant moi dans notre petit logis ?

Lundi 24 juin

Un convoi entier en allant déjeuner.
Ils sont partout. [28]
Marc , mon mari, où es-tu ? M’entends-tu encore ?

Mardi 25 Juin [29]

L’Armistice est signé [30]
Que ferai-je quand les enfants seront rentrés ? [31]
Marc, te retrouverai-je ?

Mercredi 26 Juin [32]
...Est-ce fini ? Je ne le crois pas. Marc, entends tu encore mon appel ?
8 mois ensemble, 10 mois séparés. Huit mois de bonheur sur 24 années d’existence......

Maman, où es-tu ?

Jeudi 27 Juin [33]

Vendredi 28 Juin [34]

Il en pleut ! (?)

Samedi 29 Juin [35]

Dimanche 30 Juin [36]
Une auto d’Antony.... Nous ne sommes plus quelque part en France. Antony nous retrouve...

Lundi 1er Juillet [37]

Mardi 2 Juillet :

Visite de « Rocchenbush » [38]
Un « Môssieur » pour la Mademoiselle !
Altercation avec le patron ( ?)

Mercredi 3 Juillet

Lettre à Châlons pour mandat, à Ritticioli, à Saint-Malo, et à Savigny (poste)

-Heure allemande- [39]

Jeudi 4 Juillet

Lettre à Bompart, pour mandat [40]

Vendredi 5 Juillet [41]

Samedi 6 Juillet [42]

Des femmes d’ici ont retrouvé leur mari. Faut-il espérer encore ?

Dimanche 7 Juillet

Pas de lettres. Je relis les vieilles, la dernière surtout : « Ce soir à 8h. , nous serons dirigés sans doute vers nos compagnies respectives » ???. Marc !

Lundi 8 Juillet

Je suis fatiguée et loin de toi. Maman, Marc, ne me laissez pas seule.

Mardi 9 Juillet

Lettre à l’Inspecteur d’Académie de Niort.

Jeudi 11 Juillet [43]

Des lettres arrivent d’Antony - Marc-

LES AUTOBUS D’ANTONY - DEPART DEMAIN 9H

Vendredi 12 Juillet

De passage à Savigny...Maman est à Callac [44]

ARRIVEE A ANTONY A 10H 1 /2 DU SOIR [45]

Samedi 13 Juillet

A la Préfecture, rue Lobau...Compte-rendu [46]

Mon petit Marc ! Une lettre, la récompense de toutes mes misères.

Dimanche 14 Juillet

Palais Royal

Dimanche 21 Juillet

A Vernouillet en bicyclette [47]. Maman est rentrée. J’ai pu la voir. Ma belle-sœur aussi. Mais là, je ne l’ai pas vue.
Pas de nouvelles récentes d’Auguste.
Jean ...est monté dans la Somme. Jean, écrivez, je ne puis croire qu’il vous soit arrivé malheur. [48]
Beaucoup de lettres de Marc.

Jeudi 25 Juillet :

Marc chéri, je suis déçue, je croyais te trouver un soir en rentrant et tu veux aller en Corse.
Viens, je suis lasse.
Rue de Bellechasse sans succès à la Croix Rouge.

Vendredi 26 Juillet :

Convalescence en Corse .
Maman ! Maman !
Mandat des Deux-Sèvres
3339

Samedi 27 Juillet :

Convalescence en Corse !
Je me fais à cette idée. Mon Oncle la trouve raisonnable.
Comme je me sens lasse.
Oh, ces avions !
Je n’ai pas envoyé mes lettres d’hier soir.
Moins de nouvelles

Dimanche 28 Juillet

Lettre de M.Heller.
A Antony.

Lundi 29 Juillet :

Je m’étonne de me trouver aussi calme !!!
Ma tante arrive ce soir.

Jeudi 1er Août :

Jean : Camp de Rouezeny (?) près Belfort. [49]

Samedi 3 Août ...4 Août...5 Août

Pas de lettres.

Vacances ?? Non

Mardi 6 Août

Merci, Mme Fagot
Zut M.Heller
Comme je suis lasse, pas de lettre.

Mercredi 7 Août

Des vacances...oui. Tant qu’il vous plaira. Mais sans solde !!- ...Un jour viendra...

Jeudi 8 Août :

A la Préfecture : rien à faire pour Marc.
A Antony, cela a l’air de s’arranger.

Samedi 10 Août :

Une lettre de Jean datée du 5 Août.

Mardi 13 Août :

Un après-midi de libre. Chez Louis : Quelle surprise : Jean !

Mercredi 21 Août

Maman vient. [50]

Jean ! Au revoir ! Ce n’est pas un adieu. J’irai vous voir demain Hôtel Brébant. Que Dieu et les allemands vous soient cléments !

Jeudi 22 Août
Je ne vous ai pas apporté de pain, Jean, mais je vous ai donné mon affection très grande.[51]
Marc, au secours, tout va de travers sans toi.

Samedi 31 Août
Jean est à la Santé.
Congé de midi au Mardi 10 Septembre
Ma période de vacances verra t’elle l’arrivée de Marc ?
Tour à tour je désespère, pleure et espère...sans rien voir apparaître. Viens, Marc, je t’en supplie, ou tente de m’envoyer un mot.

Mardi 3 Septembre

Je voulais une machine à coudre.

Mercredi 4 Septembre
Voir Jean.

Jeudi 5 Septembre
Un effort pour coudre

Vendredi 6 Septembre
A travers une grille, mais qu’importe. [52]
Marc, dois-je souhaiter ton retour.
Mon petit carnet, je deviens paresseuse.

Samedi 7 Septembre
Lettre à Mourmelon et Bouillé-Loretz
Marché Saint-Pierre : rien

Dimanche 8 Septembre
Mes vacances finissent.

Mardi 10 Septembre
J’irai voir les Of.Al. [53]
Reprise de classe.
23h30, j’ai mal à la tête.
Marc n’est pas là.

Mercredi 11 Septembre
Liquidée pour le 15 Septembre ! Oh, divin métier !!! [54]

Jeudi 12 Septembre
Marc, viens, je suis fatiguée, excédée, je m’en prends à toi. Mon Dieu, aidez-moi.

Samedi 14 Septembre
Auguste est prisonnier en Allemagne.
Jean à la Santé.
Et Marc en Corse.
Mon pressentiment était exact Marc.
Merci Maman. J’ai de la peine, tu sais.
Yvonne doit venir.

[Marc est arrivé à Paris le 19 septembre]

Attachments

Notes

[1Compilation et commentaires: Marie Smith - Relu et enrichi par Serge Benedetti