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by : Serge
Published 26 August 2008

Généalogie de Mateo, Chimène, Diego, Marc et Tristan en 128 tableaux (sur 16 générations, jusqu’à l’an 1600 !)

11.09.2012 - maj avec les dernières et définitives modifications [1], datées le 28 février 2012, de l’auteur de de document monumental et extraordinaire, le très regretté Serge Benedetti [2].

26.12.2011 - maj


Généalogie Mateo-Chimène-Diego-Marc-Tristan

Cette généalogie ascendante de Mateo, Chimène et Diego (M-C-D dans la suite), partagée avec Marc et Tristan pour la branche paternelle, rassemble à ce jour un peu plus de 700 personnes et s’étend sur 16 générations.

Comme pour toute généalogie, il s’agit d’une situation provisoire encore susceptible d’évolutions. Il s’agit également d’une situation très limitée, la proportion d’ancêtres retrouvés par rapport à leur nombre potentiel allant bien entendu en s’amenuisant au fur et à mesure que l’on s’éloigne dans le temps ; enfin, il s’agit d’une situation en déséquilibre chronique : certaines lignes ont pu être beaucoup plus développées que d’autres.

Une situation provisoire

Le propre même d’une généalogie est de ne jamais être terminée. Tant qu’on n’est pas arrivé, dans toutes les lignes, à nos ancêtres communs symboles de notre éminente consanguinité, Adam et Eve, il reste toujours des marges de progression, selon la phraséologie actuelle. Il s’agit bien évidemment à la fois d’un mythe et d’une vue de l’esprit, même si les progrès de la recherche, dans le domaine de la génétique, permettront très certainement dans les années futures, de préciser l’évolution des groupes de population sur des périodes lointaines. Peut-être saura-t-on un jour par exemple de façon assez précise d’où viennent les Basques. Mais, dans le domaine de la stricte généalogie individuelle, il faut se garder de la tentation de remonter à tout prix dans le temps quitte à forcer toute vraisemblance et, y compris, en inventant des liens généalogiques non établis. Quel n’a pas été ma surprise un jour d’examiner l’ascendance revendiquée, d’une personne par ailleurs fort raisonnable, qui, avec le plus grand sérieux et au prix d’acrobaties généalogiques dignes des plus grands contorsionnistes, prétendait remonter sa généalogie au roi Priam via un hobereau de toute petite noblesse, puis Saint-Louis, Charlemagne, les mérovingiens, les Romains, avec in fine l’aimable collaboration d’Homère.

Une situation limitée

Pour relativiser un peu toute effervescence généalogique, il faut avoir à l’esprit que le nombre d’ascendants double à chaque génération et la moyenne généalogique d’une génération est de 25 ans. Conclusion : 16 générations représentent environ une durée de 4 siècles, ce qui est un point minuscule au regard de l’histoire de l’Humanité et pourtant nous en sommes déjà à 32.768 ancêtres potentiels à la 16è génération (aux alentours de 1600 soit, en France, sous le règne d’Henri IV) soit un nombre cumulé d’ascendants de 65.535 individus.
Or, après de nombreuses années de recherches, je n’ai pu retrouver qu’à peine 1% de ces 65.535 personnes et, pour ce qui concerne la 16è génération de la généalogie M-C-D, on ne peut désigner que ..... 2 ancêtres sur les 32.768 potentiels, 1/16.000è. Si des archives permettaient, de façon systématique, de retrouver les ancêtres de Mateo, Chimène, Diego ou Marc jusqu’au XIIIè siècle, époque à laquelle apparaissent les noms de famille, on devrait remonter à la 30è génération environ (en France, règne de Saint-Louis) soit un nombre d’ancêtres cumulés théoriques supérieur à 1 milliard, ce qui, soit dit en passant, est supérieur à la population mondiale de cette époque. Tous les ouvrages de généalogie expliquent à ce propos la notion d’implexe généalogique, c’est-à-dire le rapport entre le nombre théorique d’ancêtres d’une personne à une génération donnée et le nombre réel de ces ancêtres, les mêmes ancêtres et leur ascendance correspondante, se retrouvant plusieurs fois dans toute généalogie. On cite habituellement à cet égard la présence de Charlemagne 500 fois dans la généalogie de Saint-Louis et les implexes généalogiques d’Henri, comte de Paris, ou du roi d’Espagne Alphonse XIII, sont célèbres. Notons simplement que si, techniquement, on avait les moyens de retrouver tous ses ancêtres jusqu’au XIIIè siècle, la vie d’un centenaire suffirait à peine pour les citer tous à raison d’un ancêtre toutes les 6 secondes.

Une situation déséquilibrée

Mais arrêtons les spéculations arithmétiques. Le fait est qu’une généalogie s’arrête, en France, pour l’essentiel, à la charnière du XVIè et du XVIIè siècle et que le nombre d’ancêtres recensés à la 16è génération est infime par rapport au nombre théorique.
Certes, en conformité avec l’adage selon lequel, dans toute généalogie, on trouve un roi et un pendu, on peut parfois avoir l’opportunité de rattacher un de ses ancêtres à une ascendance noble puis princière et royale, ce qui permet de remonter plus loin dans le temps. Il n’en demeure pas moins que, pour les descendants de paysans dont nous sommes, cela ne modifierait pas grand-chose à l’inventaire statistique. Mais rassurez-vous, je n’ai encore eu l’opportunité, dans la généalogie M-C-D, de recenser ni roi....ni pendu.
Encore doit-on préciser que toutes les lignes d’ascendance ne peuvent être développées de façon uniforme. Cela tient à des causes fort variées et, pour beaucoup, très aléatoires.

a) L’éloignement des sources

La généalogie ayant recours largement à l’exploitation d’archives publiques s’exerce, en France et dans de nombreux pays, de façon totalement gratuite. Les réseaux de généalogistes amateurs, particulièrement développés en France, permettent de développer l’accès, direct ou indirect, à ces sources d’information que sont, en France, les archives départementales et, plus exceptionnellement, nationales. Le miracle internet, a fait progressivement le reste depuis quelques années. Notons par exemple que, dans la présente généalogie, l’exceptionnel développement de la branche bretonne est dû à la conjonction de la mise en ligne des registres de baptêmes, mariages et sépultures du département des Côtes-d’Armor depuis l’origine (les années 1630 en général) et du dynamisme d’une association de généalogistes amateurs bretons, le Centre Généalogique et Historique du Poher.
La déclinaison, certes bien plus modeste, de la branche corse, est due, quant à elle, à la conjonction du miracle internet et de l’initiative volontaire d’une aullénoise à qui l’on doit d’avoir organisé la photographie et la mise en ligne de toutes les archives d’état-civil communicables d’Aullène et de Monacia de 1800 jusqu’à 1907. Elle s’appelle Sophie Cauvin ; qu’elle en soit ici remerciée.
Le développement de la branche canadienne des SMITH, dont le point de départ a été les données rapportées par Ray d’un passage par les archives provinciales de l’Ontario à Toronto, a pu être effectué encore une fois grâce à la toile, aux sites des archives publiques de l’Ontario et à l’activité d’associations ou de sociétés locales de généalogie. Grâce à Ancestry.com et Oxford County Genealogy Society, j’ai pu retrouver, de Montpellier, les noms et dates inscrits sur la (les) pierre(s) tombale(s) des SMITH au cimetière de North Embro et j’ai eu une petite émotion quand, au détour des centaines de noms contenus dans cette énumération, j’ai pu lire « SMITH - James SMITH died May 20 1917 aged 96 yrs 5 mos Helen MCWILLIAM wife of Jas SMITH born Nov 8 1831 died July 5 1905 ». Cela m’a permis entre autres, de retrouver l’acte de décès d’Helen McWilliams et d’y lire son lieu de naissance, 74 ans plus tôt, à Banff (Aberdeenshire - Scotland). J’espère que cela permettra également à Ray, Vincent ou Joël d’obtenir le testament de James Smith dont les références ont été listées par l’"Ontario Genealogical Society » (Oxford County Branch) dans un "index to Oxford County Wills" de 1901 à 1930 comportant un James SMITH, fermier à West Zorra et décédé en 1917, très probablement l’arrière-grand-père de Ray, avec comme références du document => Reel : 1641; Estate : 6402.
J’imagine ce que nécessiterait comme moyens, en temps et en coût, une telle recherche sans internet. Des milliers de kilomètres parcourus, des journées de recherches dans les archives et les frais d’intendance (hôtels, restaurants, etc...) qui s’y rattachent. La recherche généalogique est un loisir gratuit qui peut coûter cher. Avant les mises en ligne évoquées plus haut, j’avais déjà momentanément abandonné les pistes corse et bretonne qui m’auraient contraint à passer des séjours prolongés à Ajaccio et à St-Brieuc.

b) L’histoire des familles

A travers la généalogie M-C-D, on peut approcher la diversité des difficultés rencontrées dans une recherche généalogique. Voyons, trois générations au-dessus, la généalogie de leur arrière-grand-mère d’origine bretonne, Simone CAPITAINE, née de père et de mère bretons : on constate que tous les ancêtres de cette ligne, sans exceptions connues, se retrouvent dans un rayon de quelques kilomètres, au plus quelques dizaines, autour de Locarn et Maël-Carhaix et presque exclusivement dans la partie ouest de l’actuel département des Côtes d’Armor. A tel point que l’acte le plus ancien dont on ait connaissance, le mariage, à la 16è génération (généalogie M-C-D) de Jean LENCOT et de Marie GUENEGOU a lieu le 1er juin 1600 dans le même bourg, Duault, que le mariage, trois siècles plus tard, des parents de Simone CAPITAINE, Jean-Marie CAPITAINE et Marie-Josephine QUEMENER, le 9 mai 1910. Les recherches généalogiques en sont inévitablement facilitées ... à condition, bien sûr, d’habiter à Saint-Brieuc.
Si on la compare avec la généalogie M-C-D, le contraste est saisissant. Cette généalogie, sans être exceptionnellement éclatée, touche au minimum, hors la région parisienne, 6 départements en France (Corse, Côtes-d’Armor, Finistère, Loiret, Haut-Rhin, territoire de Belfort et quatre, voire à terme sept à huit pays (Canada, Ecosse, France, Espagne, Angleterre, Hollande, Belgique et Allemagne).

Bien connaître un pays, sa langue, son histoire et celle de ses structures administratives ne suffit pas toujours à venir à bout de certaines difficultés d’une recherche généalogique. Inutile de décrire le parcours d’obstacles lorsqu’on maîtrise mal ou pas du tout ces éléments.

c) L’existence et l’état des archives

Toute recherche généalogique suppose la conservation d’archives à travers les âges, c’est-à-dire, à la fois, l’existence d’archives et un système administratif élaboré de conservation de ces archives.

i) L’existence d’archives

Sans doute est-ce la malencontreuse aventure de Philippe-Auguste perdant, à la bataille de Fréteval (juillet 1194), une partie des archives royales, tombées aux mains de Richard Cœur de Lion, qui a été, en France, à l’origine de notre système d’archives. Quant aux archives d’état-civil proprement dites, elles sont constituées, durant l’ancien régime, essentiellement par les registres tenus par les curés (baptêmes, mariages et sépultures) depuis l’ordonnance de Villers-Cotterêts (août 1539) qui oblige les curés à tenir des registres paroissiaux en français. Puis plusieurs textes complètent le dispositif, de l’ordonnance de Blois (mai 1579) au code Louis (avril 1667) qui exige la tenue des registres en double, exigence réitérée par la déclaration d’Avril 1736.
Dans la pratique, on constate qu’il est donc bien difficile de remonter une généalogie au-delà de la 2è moitié du XVIè siècle. Encore faut-il avoir, en France, sous l’ancien régime, une ascendance catholique [3]. Avec la Révolution, la laïcisation et l’organisation administrative de l’état-civil permettent, de façon générale et mis à part les soubresauts de la période révolutionnaire, de remonter assez aisément les XXè et le XIXè siècles.
Il n’en demeure pas moins que toutes les régions françaises n’ont pas la même histoire et certaines recherches s’avèrent plus difficiles que d’autres. L’exemple de l’ascendance corse en est un petit exemple. Je ne saurai trop dire combien l’initiative de Sophie Cauvin (site http://aullene.free.fr) a considérablement facilité mes recherches jusqu’aux premières décennies du XIXè siècle. Quant à songer à aller au-delà, c’est très certainement sans espoir. De multiples raisons tenant et à l’Histoire de la Corse et à l’Histoire de la France et à la négligence du clergé et aux traditions locales, raisons qu’il serait trop long de détailler ici en sont la cause. Peut-être aurons-nous l’occasion d’y revenir ultérieurement.

ii) La conservation des archives

Il ne suffit pas toutefois que les registres aient été tenus. Encore faut-il qu’ils aient été conservés jusqu’à nous.
Les guerres, les bombardements, les épisodes révolutionnaires (cf l’incendie de l’Hôtel de ville de Paris en 1871) mais aussi les intempéries, les incendies, les mauvaises conditions d’archivage (caves humides, vers et souris), la négligence des dépositaires, le temps tout simplement, ont eu raison d’une partie de ces documents, mais l’importance des destructions reste relativement modeste, au regard de la masse de ce qui a été conservé. Le système du double registre a été à cet égard, salvateur.

On constate néanmoins, à l’analyse de cette généalogie, combien il est difficile de mener une recherche dans toutes les lignes de façon équilibrée. Le tableau ci-dessous résume le résultat provisoire de la généalogie M-C-D.

No._Génération Nb._trouvé/ Bretagne Corse Canada/ Canada/ Espagne Loiret Belfort/ Paris/
possible Ecosse Angleterre/ Alsace IDF
Allemagne
Génération 1 1/1 1/1
Génération 2 2/2 2/2
Génération 3 4/4 1/1 1/1 2/2
Génération 4 8/8 1/1 1/1 1/1 1/1 2/2 1/1 1/1
Génération 5 12/16 2/2 2/2 2/2 2/2 2/2 2/2
Génération 6 23/32 4/4 4/4 4/4 4/4 4/4 3/4
Génération 7 23/64 8/8 8/8 2/8 3/8 2/8
Génération 8 29/128 16/16 13/16
Génération 9 38/256 32/32 6/32
Génération 10 62/512 62/64
Génération 11 106/1024 106/128
Génération 12 172/2048 172/256
Génération 13 197/4096 197/512
Génération 14 49/8192 49/1024
Génération 15 16/16384 16/2048
Génération 16 2/32768 2/4096
TOTAL 744/65535 667 34 9 11 3 9 6 5

La ligne bretonne est hypertrophiée avec 667 personnes sur 744. Elle est seule représentée de la 10è à la 16è génération. La ligne corse, loin derrière, avec 34 représentants, n’a très probablement aucune possibilité d’évolution. La ligne canadienne, en revenant vers la vieille Europe, a un potentiel de développement mais les recherches devront se diriger vers l’Ecosse, peut-être l’Angleterre et certainement l’Allemagne. Compte tenu des difficultés à mener de telles recherches, le seul espoir d’un accroissement substantiel est de bénéficier des recherches d’autres généalogistes amateurs, familiers de ces pays, de leur langue et de leurs structures administratives. Si tant est que les vicissitudes de l’Histoire aient permis la conservation d’archives.
Enfin, il y a très certainement des enrichissements à attendre dans la généalogie de la branche maternelle, même si mes premières tentatives, via internet, sur les départements français (Loiret, Haut-Rhin, Territoire de Belfort) ont été très décevants. Quant à la ligne espagnole, elle présente les mêmes difficultés que toute recherche dans un pays étranger, fut-il très proche. Je n’ai encore pu, sur l’ensemble de la branche, apporter aucun complément aux éléments communiqués par Sabine.

L’imperfection étant la règle en matière généalogique, il faut également excuser les erreurs qui peuvent se glisser toujours dans les reports de dates, de noms, de lieux, quel que soit le soin que l’on apporte à la retranscription. Enfin, même si l’on s’entoure de précautions, la reconstitution généalogique ne revêt pas une fiabilité absolue. Les homonymies peuvent égarer vers des solutions inexactes, les erreurs de transcription des curés ou des officiers d’état-civil, les âges fantaisistes, les déclarations approximatives des interessés eux-mêmes qui, rappelons-le, ne savaient pour la plupart ni lire ni écrire jusqu’au XVIIIè siècle voire pour certains jusqu’au XIXè, font le reste. Que de recherches par exemple, dans l’ascendance BENEDETTI, pour avoir la quasi-certitude que la Marie-Laure DESANTI épouse de Marc Marie BENEDETTI, figurant dans certains actes, est la même personne que l’Angèle Marie (ou la Marie-Ange) DESANTI épouse de Marc-Marie BENEDETTI déclarée dans d’autres, et notamment dans l’acte de naissance de Vincent-Marie BENEDETTI, trisaïeul de M,C,D,M. Quand de surcroît Marc Marie BENEDETTI est désigné dans d’autres actes sous le prénom de Marcaggiolo (le diminutif de Marc sous lequel notre père était également désigné par ses parents et amis), on voit que les certitudes sont difficiles à acquérir en généalogie. Quant à la réalité biologique de ces liens généalogiques, seule l’indéfectible confiance que nous avons dans nos ancêtres est susceptible de nous rassurer en attendant les affreuses découvertes que seraient susceptibles de provoquer les progrès des recherches d’ADN.

Voici donc, malgré son caractère provisoire, limité, déséquilibré et imparfait, la généalogie de Mateo, Chimène, Diego, et pour la branche paternelle, Marc.

Notes

[1notamment un certain Tristan Anthony Smith, manquant dans la version précédente.

[2voir l’annonce de son décès le 25 juillet 2012 ici.

[3Ce qui ne veut pas dire qu’on ne puisse remonter une généalogie protestante en France, parfois même au-delà de ce que permettent communément les registres de baptêmes, mariages et sépultures catholiques. J’en ai eu l’expérience passionnante sur le plan généalogique et historique avec l’ascendance cévenole d’une amie, développée au travers des archives notariales. Et, à défaut de rois et de pendus, j’étais parvenu à y découvrir des barons et des galériens pour la foi.